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Café de l'IEC

Café détail

Elles mangent, un peu, beaucoup, pas du tout


25 avril 2017

Jardin des Plantes, café-restaurant La Baleine, 47 rue Cuvier (Paris 5e), 18h30-20h30


Avec Marlène Galantier, Médecin nutritionniste (Institut de recherche et prévention santé)
Avec Marie Plessz, Sociologue (Inra/ ERIS-CMH)

L’expansion de la société de consommation a conduit les femmes à entretenir des rapports de plus en plus complexes à l'alimentation.
Gardiennes du foyer et cueilleuses, elles ont longtemps été en charge de la sélection et de la conservation des semences dans l’agriculture traditionnelle mais également de la préparation des repas de la maisonnée et de tout ce qui concernait la préparation et la conservation des aliments. Le développement des industrie agroalimentaires portées par la grande distribution a bouleversé nos modes de vies et nos rapports à l’alimentation en déchargeant au passage les femmes de nombre de tâches domestiques liées à la nourriture familiale (culture, cueillettes, préparation, conservation, etc) mais en les excluant peu à peu de la transmission et du partage des savoirs y afférents. Dans le même temps, on a «inventé» la ménagère de moins de 50 ans qui est devenue une cible privilégiée des publicitaires, d’abord en tant qu’acheteuse principale des biens et consommables utilisés dans les foyers, et ensuite comme consommatrice privilégiée de prêt-à-porter, cosmétiques et autres biens et services liés à l’apparence (la mode), le bien-être et même la santé. Cela a profondément modifié la socialisation des petites filles face à l’alimentation. Elles sont sommées de contrôler leurs poids de plus en plus jeunes et de voir l’alimentation non pas comme un plaisir (gourmandise) et une nécessité (santé), mais comme une épreuve. Les petits garçons ne sont pas soumis au même auto-contrôle et restent beaucoup plus libres d’expérimenter la dimension plaisir. Dans le même temps, les troubles dits «alimentaires» – anorexie, boulimie, obésité – sont devenus des questions de santé publique touchant particulièrement les femmes, de plus en plus confrontées à la tyrannie des apparences, à la pression des régimes amaigrissants et à la tentation de la chirurgie plastique pour conformer leurs corps aux diktats médiatiques (jeunesse, minceur...). Pour beaucoup de femmes aujourd’hui, le rapport à l’alimentation se vit dans le contrôle (du poids), la culpabilité ou la déviance par rapport à «la norme» (obésité et anorexie). Ce qui ressortit du biologique (il faut manger pour vivre) et du plaisir – autant gustatif que relationnel – est sinon toujours gommé du moins souvent renvoyé à l’arrière-plan ou mis en balance avec l’apparence.

Nous débattrons de ces questions avec nos intervenantes:

Marlène Galantier, médecin nutritionniste. Elle exerce depuis plus d’une vingtaine d'année dans son cabinet ainsi qu’au sein du département Éducation et Promotion de la Santé de l’Institut de Recherche et Prévention Santé en tant que spécialiste de la nutrition. Elle est également présidente du Groupe de recherche et d’enseignement sur les maladies métaboliques et l’obésité (GRESMO) et praticienne attachée à Hôpital européen Georges Pompidou avec des patients en surpoids pathologique.

Marie Plessz, sociologue, chargée de recherche à l’INRA et membre de l’équipe ERIS du Centre Maurice Halbwachs. Ses principaux axes de recherche en sociologie quantitative sont les pratiques alimentaires, la stratification sociale et le changement social, les parcours de vie. Elle nous présentera ses recherches en cours sur l'évolution du temps passé à cuisiner ces dernières décennies.


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