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Séminaire détail

Genre et littérature: porteuses de fables et trafic théorico-fictionnel


18 décembre 2015

Jardin des Plantes, Grand amphithéâtre d'entomologie, 43 rue Buffon (Paris 5e), 14h-16h


Avec Thérèse Courau, Études de genre Université de Toulouse Jean Jaurès (IRIEC/ARPEGE)

Dans le domaine des Arts et des Lettres, le «genre» s’est peu à peu imposé en tant que concept opératoire dans l’analyse des mécanismes d’exclusion et d’inclusion des femmes dans la sphère de la créativité. Nombreuses sont les théoriciennes féministes – sociologues, historiennes et critiques de l’art et de la littérature – qui ont porté au jour tant le fonctionnement des rapports sociaux de sexe dans les processus de canonisation que l’existence d’une mythologie genrée de la création, mettant en évidence les multiples résistances à la reconnaissance des œuvres et des trajectoires des artistes femmes. Parallèlement, l’attention a été portée sur les stratégies de visibilisation et  de légitimation des productions féministes tout comme sur les enjeux symboliques des remaniements des identités sexuées qui traversent ces dernières.
En France, les rapports entre études genre et productions littéraires ont cependant longtemps été informés par une approche verticale et hiérarchisante en termes de «lecture» de l’objet-fiction depuis la théorie, invisibilisant par là-même le potentiel heuristique des discours fictionnels. Nous proposons de revenir dans cette intervention – au-delà des segmentations disciplinaires et des cloisonnements entre genres discursifs – sur les apports pour le féminisme du «trafic» entre théories et fictions, à partir d’exemples de la littérature internationale qui convoquent largement les ressources imaginaires dans la pensée du genre. Nous entrerons en connexion avec des textes qui, de Christine de Pizan à Gloria Anzaldúa en passant par Virginia Woolf, Monique Wittig ou Donna Haraway, sont autant d’«objets-agents» générateurs de contre-mythologies, d’utopies spéculatives et productives, de nouvelles formes de subjectivisation et d’un renouvellement empowering du rapport au «savoir-art».

Thérèse Courau est agrégée d’espagnol et maîtresse de conférences au Département d’études hispaniques et hispano-américaines de l’Université Toulouse Jean Jaurès, membre de l’Axe Genre de l’IRIEC (Institut de recherche en études culturelles) et responsable du séminaire doctoral du réseau ARPEGE (Approches Pluridisciplinaires du Genre). Elle a réalisé une thèse sous la direction de Michèle Soriano intitulée L’Ordre sexué du discours: masculinisme et positionnement féministe dans le champ littéraire argentin, qui sera prochainement publiée aux éditions Mare et Martin. Ses recherches se centrent sur la relation entre l’imaginaire sexué de la création et la construction de l’autorité énonciative depuis la perspective des études genre et de l’analyse du discours. Elle a publié plusieurs articles sur les processus masculinistes d’exclusion des autrices et les stratégies de positionnement féministes et queer dans le champ littéraire argentin.


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 - «Différenciation genrée du champ littéraire et valeur positionnelle de l’investissement générique: l’exemple de l’œuvre de Luisa Valenzuela», in Assia Mohssine (dir.), Lectures du genre. Dissidences génériques et gender dans les Amériques, n°9, décembre 2012.
[http://www.lecturesdugenre.fr/Lectures_du_genre_9/La_Une_.html].


- «Violence symbolique et citoyenneté littéraire. La nomophatique dans le champ argentin», Caravelle, n°102: «Citoyenneté et formes de violence. La violence de genre en Amérique Latine», Toulouse, PUM, juin 2014.

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