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Médecine et intersexuation : regards juridiques français

Séminaire du 23 novembre 2018
Jardin des Plantes, Grand amphithéâtre d'entomologie, 43 rue Buffon (Paris 5e), 14h-16h

Intervenant·e

Benjamin Moron-Puech
Droit

Présentation en PDF

Depuis quelques années a émergé dans l’espace public la problématique des personnes intersexuées. Cette problématique est liée à la contestation par les personnes concernées elles-mêmes de l’approche médicale qui est faite de leur condition. En effet, le discours médical dominant, encore récemment affirmé par la Haute Autorité de Santé dans un des guides de bonnes pratiques qu’elle publie, veut que les personnes intersexuées présenteraient des « anomalies du développement sexuel » (dites aussi « désordre du développement sexuel »), « anomalies » qu’il conviendrait d’effacer. Pour une partie non négligeable des personnes concernées, un tel discours, parce qu’il invalide leur identité intersexe, n’est pas acceptable et elles entendent à leur tour l’effacer.
Comment le droit se positionne-t-il dans ce conflit des « régimes de vérité » ? Telle est la question qui fera l’objet de cette communication. Pour y répondre nous montrerons que si pendant longtemps, dans la période contemporaine, le droit à délégué à la médecine le pouvoir de régler la situation des personnes intersexuées, cette situation est en train d’évoluer. Tout porte à croire que demain l'intersexuation suivra la même trajectoire de dépathologisation qu’a connue ou que connaît encore l’homosexualité ou la transidentité.

Benjamin Moron-Puech est 
juriste, Maître de conférences en droit à l’université Panthéon-Assas (Laboratoire de sociologie juridique) et secrétaire général de l’association GISS | Alter Corpus